Novembre 2004 EPIDEMIOLOGIE DE LA LITHIASE RENALE Le terme de lithiase rénale désigne la maladie résultant de la formation de calculs dans les reins. La lithiase se révèle, le plus souvent, par une colique néphrétique, douleur très violente qui traduit la migration d'un calcul. Il existe plusieurs variétés chimiques de calculs
rénaux, qui relèvent de mécanismes différents
et, par conséquent, impliquent des traitements adaptés.
Evolution de la fréquence de la lithiase L'accroissement de fréquence ded la lithiase est dû exclusivement à l'expansion de la lithiase oxalocalcique, alors que la fréquence des autres types de calculs est restée stable ou a même régressé, comme cela est le cas de la lithiase d'infection, grâce au progrès de la détection et du traitement des infections urinaires. Cette évolution s'est poursuivie au cours des 25 dernières années (figure 2).
Fréquence actuelle de la lithiase rénale Dans tous les pays européens, la lithiase rénale touche une proportion élevée de la population. A l'âge de 40 à 50 ans, près de 10% des sujets interrogés disent avoir déjà souffert d'une ou plusieurs crises de coliques néphrétiques. La fréquence actuelle de la lithiase en France est connue
grâce à l'étude SU.VI.MAX. Cette étude
épidémiologique, conduite sous la direction du Professeur
Hercberg, était destinée à évaluer
l'influence de l'alimentation et d'une supplémentation
en vitamines et en oligo-éléments antioxydants sur
l'incidence des maladies cardiovasculaires et des cancers. Cette
enquête prospective, qui a inclus sur plus de 14000 sujets
volontaires des deux sexes, âgés de 40 à 60
ans, comportait une enquête satellite sur les antécédents
de lithiase urinaire, identifiés par une question simple:
" Avez-vous eu des coliques néphrétiques (calculs
rénaux)?". Composition des calculs en fonction du sexe et de l'âge La fréquence relative des différents types de calculs varie selon l'âge et le sexe. La répartition des calculs en France, considérée selon leur composant majoritaire, est connue grâce à l'expérience du Laboratoire Cristal, qui a analysé plus de 40000 calculs par examen morphologique associé à la spectrophotométrie infrarouge. L'oxalate de calcium, plus fréquent chez l'homme que chez la femme, à l'inverse du phosphate de calcium, a un pic de fréquence entre 40 et 60 ans dans les deux sexes (figures 3 et 4).
La fréquence de l'acide urique est faible jusqu'à l'âge de 60 ans, mais elle augmente très nettement au-delà de cet âge, tout en restant constamment 2 fois plus élevée chez l'homme que chez la femme. Les calculs de PAM, qui caractérisent la lithiase d'infection, sont 3 fois plus fréquents chez la femme que chez l'homme, et s'observent surtout aux âges extrêmes de la vie. Facteurs favorisants de la lithiase L'augmentation explosive de la fréquence de la lithiase
d'oxalate de calcium en quelques décennies ne peut s'expliquer
par une modification des facteurs génétiques. Elle
suggère, en revanche, le rôle majeur de la modification
des facteurs d'environnement, notamment des facteurs nutritionnels. Les mesures destinées à prévenir la formation ou la récidive des calculs rénaux sont simples et aisées à respecter. Dans tous les cas, la mesure fondamentale est de consommer chaque jour une quantité importante de boissons, de manière à diluer les urines. La quantité de boissons doit être telle qu'elle assure un volume d'urines d'au moins 2 litres par 24 heures chez tous les lithiasiques. Le choix de l’eau est fait en fonction du type de lithiase ; pour la lithiase calcique, par exemple, une eau faiblement minéralisée, type EVIAN, est adaptée. L’épidémiologie de la lithiase rénale reflète les facteurs de risque : non dilution des urines, apport calcique inadapté, consommation excessive de protéines animales, de sel et d’aliments riches en oxalate… En dehors des lithiases particulières qui demandent un traitement spécifique, la prévention de la lithiase calcique, la plus communément observée, repose sur un réajustement des habitudes alimentaires selon les principes rappelés ci-dessous.
Il est à noter que ces recommandations concourent, simultanément, à réduire le risque d'hypertension artérielle et de maladies cardiovasculaires. |