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EAU DE BOISSON, FONCTION CARDIO VASCULAIRE ET SPORT : RISQUES CARDIOVASCULAIRES LIES A LA PRATIQUE SPORTIVE
Dr Hakim CHALABI
Dr Pierre SABOURET
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Les risques cardiovasculaires auxquels s’expose un individu lors de la pratique sportive sont au cœur de l’actualité.
L’incidence globale de la mort subite pendant le sport est estimée, à partir des données des registres, à 1/50 000 pratiquants.
Les événements tragiques récents ont sensibilisé les sportifs sur la nécessité d’un bilan médical et d’un respect des règles hygiéno-diététiques recommandées pour la pratique sportive. En effet, l’exercice musculaire impose des contraintes importantes à l’organisme, en particulier au système cardiovasculaire. Pour permettre la pratique sportive sans danger, l’intégrité du système cardiovasculaire doit être parfaite.
Une pathologie cardiaque et/ou vasculaire expose à des complications graves, pouvant aller jusqu’au décès. L’incidence globale de la mort subite pendant le sport reste difficile à chiffrer avec précision, mais elle est estimée, à partir des données des registres, à 1/50 000 pratiquants. Plutôt que de parler de sports à risques, il est plus pertinent d’employer le terme de pratique à risques. Les facteurs favorisants les accidents cardiovasculaires chez des sportifs sont la pratique d’un sport, quelque qu’il soit :
- dans des conditions environnantes défavorables (chaleur ou, au contraire, froid intense),
- chez un patient ayant un profil «à risque» en présentant une préparation préalable inadéquate à la pratique du sport,
- avec un niveau d’entraînement trop faible,
- avec des facteurs de risque cardiovasculaires (tabagisme, hypertension artérielle, excès de cholestérol, diabète, sédentarité).
Dans des conditions de thermogenèse importante tel que l’exercice physique intense, le débit
de sueur peut atteindre une valeur maximale qui varie de 1,5 à 1,8 litre par heure (l/h), et dans des conditions extrêmes jusqu’à 3,7 l/h. De tels débits sudoraux sont susceptibles d’entraîner des
pertes hydriques et électrolytes majeures à l’origine d’hypovolémie.
Un exercice intense réalisé dans des conditions climatiques sévères peut être à l’origine d’une
perte de 8% du poids corporel.
Lors d’un exercice physique intense, le débit de sueur peut atteindre 1,8 l/h
et dans des conditions extrêmes jusqu’à 3,7 l/h ; avec une perte de 8% du poids corporel.
Le maintien de l’homéostasie hydrominérale (voir tableau des eaux) est un élément indispensable au maintien d’une thermolyse efficace, élément déterminant de la performance sportive mais surtout de la qualité des fonctions cardiovasculaires.
La mort subite au cours du sport est dans 90% des cas d’origine cardiovasculaire, ce qui justifie l’attention particulière apportée à l’examen cardiovasculaire lors d’un bilan d’aptitude des sportifs.
On distingue les causes de mort subite en fonction du profil du sportif :
- Après 35 ans, la cause principale est l’atteinte des coronaires, favorisée par les facteurs de risque cardiovasculaires. Au cours de la pratique physique, l’augmentation du tonus sympathique et des catécholamines circulantes (adrénaline, noradrénaline), dans un contexte de déshydratation et de troubles métaboliques (hypokaliémie, hypomagnésémie) liés à la pratique de l’effort sans réhydratation adaptée (voir tableau des eaux), vont favoriser le déclenchement de troubles du rythme graves, souvent mortels (tachycardie ventriculaire, torsades de pointe, fibrillation ventriculaire). L’atteinte des artères coronaires a également pour conséquences directes une vasodilatation des artères coronaires à l’effort qui est insuffisante voire paradoxale, ce qui va majorer le risque d’infarctus du myocarde et/ou de troubles du rythme grave. La déshydratation et les troubles hydroélectrolytiques qui s’y associent diminuent Ø cardiovasculaire, et grèvent le pronostic déjà sombre du patient.
Tonus sympathique et catécholamines circulantes augmentés, associés à déshydratation et troubles métaboliques DONC déclenchement de troubles du rythme graves, souvent mortels.
- Avant 35 ans, les étiologies les plus fréquentes retrouvées en cas de mort subite du sportif (MSS) sont, par ordre de fréquence décroissant : les cardiomyopathies hypertrophiques (CMH), les hypertrophies ventriculaires gauches (HVG), les anomalies congénitales des coronaires (trajets ou lieux de naissance anormaux), la dissection aortique (le plus souvent sur des maladies du tissu élastique, dont la plus fréquente est la maladie de Marfan), la dysplasie arythmogène du ventricule droit (notée DVDA), les myocardites, qui ont conduit, dans les pays scandinaves, à l’interdiction des courses d’orientation aux sportifs ayant eu un épisode fébrile récent.
Le mécanisme physiopathologique le plus souvent incriminé dans la genèse de la mort subite de ces sujets jeunes est, là aussi, la survenue d’un trouble du rythme à l’étage ventriculaire (tachycardie ventriculaire, torsades de pointe, fibrillation ventriculaire) ou plus rarement à l’étage auriculaire (tachycardies supraventriculaires de type flutter, tachysystolie auriculaire et surtout fibrillation auriculaire en présence d’un faisceau accessoire de Kent perméable dans le cadre du syndrome de Wolff-Parkinson-White). Ces troubles du rythme sont déclenchés par la conjugaison de l’exercice physique et de la déshydratation avec induction de troubles hydroélectrolytiques, qui vont déclencher la survenue « d’orages rythmiques graves », souvent fatals.
Dans la genèse de la mort subite, les troubles du rythme sont déclenchés par la conjugaison de l’exercice physique et de la déshydratation avec induction de troubles hydroélectrolytiques.
Le traitement le plus efficace de ces accidents dramatiques de sujets jeunes repose sur le dépistage des anomalies cardiaques, et la prévention des facteurs de risque cardiovasculaire avec la correction des facteurs favorisants les troubles du rythme (déshydratation, hypokaliémie, hypomagnésémie ; voir tableau des eaux).
Traitement des accidents du sujet jeune = dépistage des anomalies cardiaques + prévention des facteurs de risque CV + correction des facteurs favorisants (déshydratation, hypokaliémie, hypomagnésémie).
Le dépistage des pathologies cardiaques passe par un interrogatoire minutieux, qui recherchera notamment des antécédents familiaux de mort subite, ainsi qu’une symptomatologie, même discrète, du sportif à l’effort. L’auscultation recherchera un souffle systolique éjectionnel de repos, voire après effort. L’ECG et l’échocardiographie ne sont pas systématiques mais doivent être réalisés au moindre doute. L’ECG peut mettre en évidence des anomalies (HVG, syndrome de Wolff-Parkinson-White, syndrome de Brugada), nécessitant des investigations complémentaires. L’échocardiographie éliminera une CMH et d’autres anomalies congénitales.
«Syndrome de Brugada» :
- Etiologie: Le syndrome de Brugada correspond à une anomalie d'origine électrique du myocarde. Différentes mutations d'un gène codant pour un canal sodique ont été mises en évidence. L'incidence de la maladie paraît particulièrement élevée dans les pays d'Asie du Sud-Est. La transmission est autosomique dominante.
- Pronostic et traitement: le pronostic du syndrome de Brugada est spontanément mauvais non seulement chez ceux ayant déjà présenté un trouble du rythme ventriculaire grave mais également chez les sujets jusque là asymptomatiques. Dans les 2 ans suivant le diagnostic, la probabilité d'un trouble du rythme ventriculaire est supérieur à 30%.
L’influence des déséquilibres ou déficits en minéraux sur le volume plasmatique notamment nous impose d’établir un profil sanguin des constantes d’hydratations (hématocrite…), ainsi que des concentrations en Sodium, Bicarbonate, Potassium et Magnésium.
On constate chez les personnes âgées des perturbations plus importantes du bilan hydrique consécutives à une moindre stimulation de la soif et à des fonctions rénales qui ne permettent pas une concentration aussi efficace des urines. Ainsi, les risques de déshydratation seront accrus autant chez les personnes âgées sédentaires qu’actives. On recommande tout particulièrement pour les personnes âgées une consommation d’eaux minérales calciques et magnésiennes (voir tableau des eaux) répondant aux deux besoins d’hydratation et de suppléments en minéraux souvent déficitaires dans leur apport nutritionnel.
Chez la personne âgée, les perturbations du bilan hydrique sont plus importantes et consécutives à une moindre stimulation de la soif et à des fonctions rénales qui ne permettent pas une concentration aussi efficace des urines.
La correction des facteurs de risque cardiovasculaire passe par une activité physique d’endurance, avec une alimentation de type «méditerranéen», appelée encore «régime crétois». Une alimentation riche en potassium et en magnésium avec une hydratation régulière, avant puis pendant l’effort, devraient contribuer à diminuer l’incidence des accidents cardiovasculaire sur les terrains de sport.
Alimentation riche en K et en Mg + hydratation correcte et régulière, avant puis pendant l’effort = diminution de l’incidence des accidents cardiovasculaire sur les terrains de sport.
Mais on sait que l’augmentation du volume plasmatique est liée à la charge sodée des boissons. Après l’effort, le pH est moins abaissé lors de l’hydratation avec des boissons sodées bicarbonatées (voir tableau des eaux).
Ainsi une boisson bicarbonatée et sodée permet une meilleure hydratation et un meilleur contrôle de l’acidose que l’eau plate ou l’eau simplement sodée (voir tableau des eaux).
Voici, à titre indicatif, la composition d'eaux minérales naturelles capables de répondre aux différents types d'eaux évoqués dans cet article.
Bibliographies :
- 2000, Editions scientifiques et médicales Elsevier SAS
- Effet d’une boisson bicarbonatée sodée sur l’adaptation physiologique à l’effort (R. Richard, M.Rieu ; Science et sports 2000-15)
- Activité physique, vieillissement et hydratation (M.J.Arnaud ; Science et Sports 2000-15)
- Hydration effects on thermoregulation and performance in the heat (Elsevier ; nov 2000)

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