> Equilibre hydrominéral chez la femme : les clés de l'équilibre de vie

> Enfants et adolescents : l'eau et les minéraux nécessaires à la croissance

> Equilibre et déséquilibre hydrominéral chez les séniors

> Enfants et adolescents : les nouvelles recommandations en minéraux et oligo éléments

>Hydratation et grossesse

> Paroles d'expert

> Composition minérale de quelques eaux

> Les nouvelles du Centre Evian Pour l'Eau

Autres numéros :
Spécial enfant
Spécial calcium
Spécial sport et santé
Spécial femme
Spécial senior
Spécial alimentation enfants et ados
Spécial alimentation adulte et senior



Pr Dominique Cabrol. Chef de service de la Maternité de Port Royal. Hôpital Cochin - APHP - Université Paris V René Descartes - Paris

Tout au long de sa grossesse, la future mère a des besoins hydriques augmentés, pour elle et son enfant. Son organisme connaît des modifications pour fournir au fœtus l'eau et les substances indispensables à sa croissance, ainsi qu'un environnement intra-utérin favorable à son développement. L'hydratation maternelle influence le volume du liquide amniotique : d'où l'importance, pour la mère de consommer au moins 1,5 litres d'eau par jour. Idéalement cette quantité sera répartie sur toute la journée. Une astuce commode est de démarrer la journée avec une bouteille de 1,5 litres d'eau plutôt faiblement minéralisée et d'en boire jusqu'au soir.

Les modifications physiologiques au cours de la grossesse

Au cours d'une grossesse normale, l'augmentation du volume plasmatique maternel (en moyenne 40 % au cours d'une grossesse mono fœtale) est l'un des facteurs essentiels pour fournir au placenta une irrigation suffisante, sans mettre en danger la circulation maternelle.

Parallèlement, la concentration plasmatique en sodium diminue progressivement. L'hypotonicité plasmatique relative est maintenue par une diminution du seuil osmotique de la soif (qui se manifeste alors plus tôt qu'à l'habitude) et de libération de vasopressine (ADH). L'hémodilution observée en début de grossesse induit chez la mère une anémie apparente, compensée par la sécrétion d'érythropoïétine.

Quels sont les besoins en eau du fœtus?

L'hydratation maternelle, liée essentiellement à la prise d'eau, retentit directement sur le volume du liquide amniotique (normalement, à terme : entre 0,8 et 1 litre).
L'insuffisance de liquide amniotique peut entraîner une hypoplasie pulmonaire, qui peut être fatale en cas d'anamnios, ainsi qu'une diminution des mouvements fœtaux responsable de déformation de la face et des membres.

Ils sont donc très importants tant en quantité qu'en qualité et augmentent tout au long de la grossesse. L'eau est nécessaire à deux niveaux :
  • pour les tissus fœtaux, dont elle est le composant majeur,
  • pour le liquide amniotique jouant un rôle fondamental aussi bien dans la protection fœtale (triple barrière : mécanique, thermique et anti-infectieuse) que dans son développement.

Une bonne hydratation au cours de la grossesse est bénéfique à la mère et au fœtus

Les apports nutritionnels conseillés en calcium chez la femme enceinte au troisième trimestre de la grossesse sont de 1000 mg par jour. Si cela est nécessaire, une eau minérale riche en calcium peut contribuer à la couverture de ces besoins.

La constipation. Il y a, au cours de la grossesse, une tendance à la constipation, due notamment à l'effet myorelaxant de la progestérone sur le muscle lisse, dont les muscles coliques. Un apport hydrique quantitativement suffisant peut constituer une bonne mesure préventive, alors qu'un apport insuffisant renforce la tendance à la constipation.

Les infections urinaires basses peuvent être graves pour le fœtus (accouchement prématuré, retard de croissance in utero, avortement). Il existe chez la femme enceinte une hypotonie des voies urinaires (uretère, bassinet et calices), plus marquée à droite qu'à gauche. Elle est due plus à l'imprégnation hormonale avec parésie de la musculature lisse, qu'à la compression extrinsèque due à la dextrorotation de l'utérus. La diminution globale des défenses immunitaires pourrait, en outre, favoriser le processus infectieux.
Une diurèse insuffisante (inférieure à 1,5 l/j) constitue, dans ces conditions, un facteur aggravant. La fréquence de la bactériurie asymptomatique, de 3,5 à 7,1%, rend en outre le processus infectieux particulièrement insidieux. Il faut être plus vigilant chez les femmes ayant un antécédent :
  • d'infection urinaire (le risque est doublé),
  • de bactériurie (50% des femmes infectées pendant leur grossesse ont un antécédent de bactériurie, contre 10 à 15% des celles dont les urines sont stériles).